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le shamas

“ La conscience n'est dans le chaos du monde qu'une petite lumière, précieuse mais fragile. ”

Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline.

  À ce stade, nous connaissons le monde comme le perçoivent les habitants des Cités ; une civilisation divisée entre ciel et terre, protégée derrière sa technologie au milieu d’un chaos infini et stérile que tous nomment l'Apeïron.

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Ancre 1

Cette vision convient très bien aux puissants qui prennent toute liberté à piller les richesses encore disponibles à la portée du plus audacieux. Faire de l’Apeïron un lieu de mort, de ténèbres et de peur, ôte de l’esprit toute idée d’évasion et facilite la soumission du citoyen aux règles imposées. Celui-ci n’a d’autre choix que de montrer son soutien au pouvoir et sa reconnaissance pour avoir été sauvé de l’enfer du dehors. Mais tout n’est jamais si simple et le récit de cette partie de l’histoire, dans le programme scolaire de Charop, diffère quelque peu de la réalité.

 

 

Le Grand Appel - 2

Quand Cadmos Rosa decouvrit la mutation stable, le programme SUNMAN fut lancé à grande échelle par Charop pour amorcer la conquête des territoires. L’avenir du climat planétaire trop incertain, il ne lésina pas sur la quantité et les volontaires étaient nombreux. Ces militaires s’imaginaient devenir les cobayes de l’évolution et permettre à l’humanité de trouver une solution pour affronter cette situation. Mais quand ils se réveillèrent après la transformation, les souvenirs de leurs vies passées avaient disparu et ils furent rapidement assignés à leurs premières missions.

Fort du succès et de l’efficacité des opérations menées par ses puissants guerriers insensibles au soleil et au froid, Charop offrit gracieusement leurs services à ses alliés contre la simple ratification du pacte de Partage des Ressources par tous les signataires de la NACE et l’acceptation de son Projet. Le futur Archétype donna sa technologie à ses alliés européens et mégasiens. Des centaines de milliers de nouveaux fantassins à la peau reptilienne furent créés et partirent en croisade.

Au fil des mois de conquête, les armées surdéveloppées ne rencontraient plus que de pauvres victimes incapables de se battre, soumises au courroux du climat et à la maladie. Les mutants se mirent à refuser les exécutions et choisirent de faire des prisonniers, allant de fait à l’encontre d’ordres directs. Les soldats du Trident tentèrent de faire respecter l’autorité militaire mais ici encore le combat fut déséquilibré et la première mutinerie eut lieu à Santiago, au Chili. Les Soldats « Sunman » décimèrent tous les humains qui les accompagnaient et disparurent dans le néant. Ces êtres extraordinaires ont la capacité de parcourir à pieds une centaine de kilomètres par jour sans se fatiguer, et la nouvelle ne tarda pas à faire le tour des champs de bataille du monde entier. En quelques mois c’est plus de la moitié des mutants qui se révoltèrent. Les armées du Trident perdirent définitivement tout contrôle sur eux l’année suivante, lors de l’affrontement de Los Angeles. Ils se firent appeler les Shamans.

 

L’autre aspect de l’histoire flouté dans l’enseignement de Charop est celui du Grand Appel des Cités. Partout les portes grandes ouvertes laissèrent entrer des millions de personnes, accueillies avec une fonction, munies d’un implant Biotransfer et placées dans un foyer équipé. Mais une fois la jauge maximum atteinte, l’équilibre du système ne pouvant plus être assuré au delà d’un certain seuil de population les accès de toutes les cités se refermèrent un à un sur les marées d’individus se précipitant à l’intérieur. Les remparts électrifiés tinrent d’abord les foules à distance. Après des jours d’attente face aux portes closes, depuis les hauts parleurs des murailles, une annonce retentit aux oreilles des familles harassées par le vent. Affirmant qu’il restait de la place dans les autres cités, le mensonge fut suivi d’une sommation de quitter les lieux. Le message eut à peu près le même effet partout, les foules se ardèrent aveuglément contre les murs renforcés. Ne parvenant pas même à les érafler par leurs maigres moyens, face à elles c’est tout un armement de guerre qui se déploya du sol et des façades gigantesques. Les salves de tirs contrôlées par les intelligences numériques ne manquaient que très rarement leurs cibles, et les corps, dans leur fuite, s’effondraient par centaines. Au bout d’une heure on n’entendit plus que le vent, hurlant comme s’il se désolait devant la scène morbide des cadavres qui jonchaient la terre écarlate. Alors qu’ils effectuaient leurs derniers passages de contrôle, les lasers verdâtres des scanners de la forteresse se révélaient dans la poussière et la fumée. Tout l’attirail se replia enfin et les rescapés cachés sous le sable à plusieurs centaines de mètres, comprirent qu’il ne restait plus personne à sauver.

 

Mais l’homme est ainsi fait qu’il lui en faut plus pour accepter la mort et ici tous auront à relever le défi de la survie face aux éléments.

Climat Bouleversé

1/ Le Climat Bouleversé

 

 

Nous avons frôlé le refroidissement planétaire ! L’absence d’ozone aurait pu entrainer une issue extrêmement plus catastrophique.

En théorie, la simple absence de couche protectrice permet aux rayons de frapper l’atmosphère de plein fouet et, à plus basse altitude, de séparer les molécules d’azote (N2) en deux (N+N). Celles-ci s’agglomèrent aux molécules de dioxygène (O2) et aux atomes d’oxygène (O) qui auraient dû former l’Ozone, pour créer à la place des nuages marrons de gaz dangereux de dioxyde d’azote (NO2) ou de monoxyde d’azote (NO). Une fois formés, ces amas cotonneux massifs provoquent des pluies toxiques qui ravagent les cultures et contaminent les eaux. Mais ils ont surtout pour effet de bloquer les rayons solaires et la surface se refroidit à mesure que la fumée opaque recouvre le globe, au point de voir la glace des pôles atteindre les parallèles tropicaux comme lors d’une ère glacière … en théorie.

 

Si les émanations de l’incendie géant de vingt deux jours au Pôle Nord furent le déclencheur de la catastrophe, la présence des gaz à effet de serre saturant l’atmosphère a suffisamment retardé le cycle de refroidissement de la planète pour permettre au processus naturel de création d’ozone de doucement se restructurer. Ici la formation de nuages toxiques a bien eut lieu mais l’azote se liant parfaitement au carbone qui, lui, laisse passer la lumière et retient la chaleur, ici les voiles brunâtres de dioxyde d’azote ne purent que clairsemer les hémisphères. Ces raisons expliquent que l’humanité fut épargnée d’une glaciation, mais si doucement l’équilibre naturel reprend ses droits, cette transition d’une durée estimée à cent ans environ s’avère malgré tout d’une violence extrême. Une perturbation normale dans ces nouvelles conditions correspondrait de nos jours à une tempête des plus meurtrières. Les rares phénomènes météorologiques spectaculaires que l’on connaît sont devenus monnaie courante et des métropoles entières peuvent disparaître en une nuit. Entre les inondations et les écarts de températures si importants du jour et de la nuit, les fondations et les matériaux de construction se fragilisent et ne résistent pas longtemps. Difficile aujourd’hui de croire que seulement quelques dizaines d’années ont suffit à transformer nos villes si sures en champs de ruines.

 

Les drones sphériens retransmettent régulièrement aux citoyens les images de désastres de l’Apeïron et ne semblent pas presser de les informer du rétablissement progressif du climat.

Ancre 2

 De nouveaux phénomènes

Les orages de neige

Les Orages de neige

[Wikipédia] : Type d'orage dont les précipitations tombent sous forme de neige et qui se voit donc avec une température près ou sous le point de congélation en surface. C'est un phénomène relativement rare qui ne se distingue pas fondamentalement d'un orage en général (…) L'un des aspects typiques d'un orage de neige est cependant que la chute de cette dernière engendre un amortissement physique du tonnerre, un vrombissement sourd typique. (…) Comme dans un orage de saison chaude, les collisions entre les cristaux de glace lors de leur ascension arrachent des électrons à ces derniers, ce qui crée une différence de potentiel entre le haut et le bas du nuage. Lorsque la différence dépasse la tension de claquage de l'air, il y a production de foudre.

 

Cette définition ne reflète plus vraiment l’évolution de cette perturbation depuis les derniers bouleversements. Ici cet orage se forme principalement les nuits les plus glaciales et le tonnerre sourd et si caractéristique du phénomène annonce systématiquement une pluie d’énormes blocs de glace qui pourraient sans mal tuer un homme ou traverser les tuiles d’une maison. Les températures extrêmes dans lesquelles se forment ces nuages et la puissance des vents en altitude entrainent un retard dans le processus de formation des cristaux de glace qui se collisionnent et s’amassent plus longtemps jusqu’au point d’effondrement annoncé par la foudre et le tonnerre. Les précipitations de neige et les vents en surface sont soutenus mais pas inquiétants, le danger réside principalement dans les chutes aléatoires de ces amas glacés, si lourds que le fracas des impacts couvre les hurlements du vent. Quand le tonnerre sourd se fait entendre, courrez vous mettre à l’abri, il est peut-être déjà trop tard.

Sur ce schéma de formation classique d’un caillou de grêle, il faut imaginer que l’étape d’ascension du cristal de glace en A se répète plusieurs fois à cause des vents violents. À chaque remonté, le grêlon s’alourdit, quand il peut se libérer de la puissance de l’air ascendant et enfin tomber, il ressemble à un gros melon pour les plus petits modèles et peut atteindre la taille d’une grosse pastèque (s’il en existait encore).

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Les Haboobs

Les Haboobs

 

[Wikipédia] : Un haboob est un type de violente tempête de sable observée dans le désert du Sahara, particulièrement au Soudan, dans la péninsule Arabique, au Koweït et dans les régions les plus arides de l'Irak. Le mot haboob signifie « vent fort » ou « phénomène ».

On en observe aussi sur les grands plateaux américains d’Arizona, du Texas et dans le désert australien.

 

(Haboob sur Phoenix, Arizona – 5 Juillet 2011).

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Lors de la formation d‘un gros orage, les vents circulent et sont influencés par les températures de l’air dans les nuages. Au moment de leur effondrement, les vents sont descendants, s’il fait très chaud la colonne de pluie, la virga, s’évapore avant de toucher le sol. Ce phénomène refroidit encore l’air, qui s’alourdit et en tombant, accélère le flux venteux vertical. À l’intérieur d’une tempête de poussière de ce genre, il n’y a aucune visibilité, les particules du nuage d’une épaisseur atteignant parfois jusqu’à huit cent mètre d’altitude, bloquent la lumière et ce sont les ténèbres qui s’installent en quelques secondes.

Parcourant parfois des centaines de kilomètres, rien ne peut stopper l’avancée d’un haboob.

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Les Orages Supercellulaires

(Haboob sur Phoenix – 2012 // Haboob sur l’Océan Indien, proche Onslow, Australie, 2013)

 

 

 

 

 

Les Orages Supercellulaires

 

L’orage supercellulaire, ou supercellule orageuse, est un type particulier d'orage qui est associé avec des phénomènes violents comme les tornades et la grosse grêle. 

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Autour des années 2110 ce type d’orages violents et spectaculaires n’aura plus rien d’extraordinaire. Dans l’immensité aride, ces cas sont très fréquents et plus dévastateurs que jamais, il n’est donc pas rare qu’ils se forment lors de situations déjà critiques, ou qu’ils en soient la cause. Un haboob peut être provoqué par le courant descendant de flanc avant de la supercellule. Des crues, de fortes houles et des inondations accompagnent régulièrement la furie des tornades et la foudre impitoyable.

« Quand ça sent la pluie, restez à l’abri. » Ces phénomènes peuvent apparaître en quelques minutes dans un ciel d’azur et transformer tout le décors en un chaos indescriptible de pluies torrentielles, de tornades et d’éclairs stupéfiants.

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Tunderstorms / Catacumbos

Pluie d'éclairs, Foudre de Catatumbo

Véritables plaies divines, ces brèves pluies d’éclairs frappent le sol pour quelques dizaines de minutes mais la puissance est telle que les ravages occasionnés en si peu de temps nous rappellent à la fragilité de notre existence.

Ces tempêtes sont baptisées Foudre de Catatumbo en référence aux orages dévastateurs du Venezuela au siècle précédant.

Un orage violent "normal" c'est quelques deux cent quatre-vingt éclairs à l’heure contre une centaine par minute pour un Catacumbo. Le paysage de ruines calcinées que laissent derrières leurs passages ces déluges de mort électrique, rappelle une nécropole.

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Les Béatrices

Les Béatrices

 

Dans cet univers hostile et dénué de vie, la Béatrice est une nouvelle variété de roses qui parvient à survivre aux rayons solaires mortels et aux vents violents. Des pétales d’un pourpre profond rejoignent le cœur blanc immaculé de la fleur qui repose sur un épais et épineux buisson de chardons noirâtres.

Une victoire de la vie et de la nature sur les ravages causés par le genre humain. Les Shamans y voient le symbole sacré de la fin de l’anthropocène. Ces couleurs vives apparaissent pour être vues, comme si notre planète, en se reconstruisant, souhaitait nous dire : « Je vais bien, vous n’avez plus qu’à vous sauver vous même. »

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Les Béatrice fleurissent de nombreuses fois, entre le mois d’octobre et le mois d’avril. Elles sont très rares et se développent en petits groupes d’arbustes piquants très denses. Les Horscits les recherchent car elles poussent au dessus des sources d’eau pure et c’est pour cela qu’elles furent baptisées ainsi : Le prénom Béatrice se compose du préfixe latin beatus qui signifie « heureux », « bienheureux » ou « comblé », et d'un suffixe qui lui donne son sens global : « Celle qui apporte le bonheur ».

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Cold Stream Generators

Dans les Chikas horscites (Cf. Les Horscits) on célèbre les dernières roses lors de la Fête Florale des Béatrices, le 29 avril.

Cold Stream Generators, Les CSG

 

La forte augmentation des températures a fondamentalement altéré la densité des océans. Ce faisant, l’équilibre de circulation sub-océanique s’est effondré entrainant des écarts de températures extrêmement importants et des catastrophes en chaîne. Les premières mesures d’un programme de restauration planétaire entrepris en 2084, furent la création des C-S-G, Cold Stream Generators.

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Ce sont des turbines géantes construites dans les fonds marins le long des grands courants océaniques comme le Gulf Stream ou El Niño. Ces installations sous-marines ont pour utilité le maintien de ces courants indispensables à notre écosystème. En exerçant une aspiration parfaitement contrôlée sur les trajectoires des puissants courants, il a été́ possible de maintenir ce réseau planétaire entrainant, espérons le, une recrudescence des catastrophes naturelles et le retour d’un pseudo équilibre climatique.

 

Sept sites sont répartis le long du Gulf Stream et grâce à leurs dynamiques, seulement trois autres suffisent au maintient d’El Niño et des autres courants secondaires. La densité de l’eau est perturbée car la température de surface anormalement haute dilate les molécules qui mettent plus de temps à se refroidir aux pôles et ralentissent le courant. En entrainant ce dernier, depuis le fond des océans, on accélère la circulation en surface et diminue l’exposition du fluide à la chaleur. Ce processus permet à la température de s’équilibrer.

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LES SHAMANS

 

2/ Les Shamans

 

 

À la fin de la Guerre du Nord, tous les Shamans, excédés par la cruauté des ordres du Trident, avaient déserté leur poste pour d’abord se regrouper autours des dernières ruines et y établir des camps.

Ce qu’il faut garder à l’esprit s’agissant de cette nouvelle espèce, c’est, qu’en sus de leur taille impressionnante, de leur force et des protections aux ultra-violets dont bénéficient leur épiderme écaillé et leurs pupilles verticales, ils furent pourvus, lors de leur transformation, d’une quantité de connaissances scientifiques, mécaniques et médicinales.

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Un peu partout sur la planète, alors que les Cités vivaient leur Année Noire, des éclaireurs parcoururent de longues distances pour établir un état des lieux de ce qu’il restait d’exploitable et de propice à subvenir aux besoins du peuple mutant. En quelques mois les Shamans répartis par groupes de dizaines de milliers commencèrent à bâtir leurs demeures, souvent à proximité de ruines encore visibles qu’ils entretiennent juste assez pour en faire des leurres et prendre d’éventuels rodeurs ou ennemis en embuscade.

Les sens hyper-développés dont ont hérités ces géants de deux mètres cinquante, leur offre des capacités inouïes comme la vision nocturne ou un odorat ultra sensible avec des récepteurs jusque dans le palais, il leur suffit de déglutir pour non seulement vous localiser à plusieurs centaines de mètres mais déterminer aussi votre nombre, votre état de fatigue et la nourriture que vous emportez. Certaines zones de leur corps dont le creux de leurs mains sont tellement sensibles que les vibrations qu’ils perçoivent avec clarté se traduisent en images à leur esprit. Un individu collé à une paroi constituée d’un matériau assez meuble pour vibrer, pourra voir ce qu’il se passe de l’autre côté.

Il y a les marins et les pêcheurs sur les falaises inaccessibles, les tribus du voyage, les sédentarisées et Fallen, la forteresse shamane. Les surhommes ont su s’adapter et mènent des existences différentes selon les coins du monde qu’ils occupent. Parfois quand ils s’interrogent intérieurement sur leur répartition géographique, les Shamans aiment à penser que l’origine de leur préférence pour la vie en bord de mer ou dans les montagnes, se trouve dans les réminiscences subconscientes de leurs vies passées.

 

Les Nomades
Les Sédentaires

A - Modes de vie

 

 

Les Nomades

 

Explorateurs d’un monde complètement nouveau pour eux, les tribus de voyageurs amnésiques établissent des camps éphémères et, entre les points de refuges habituels placés sur leurs itinéraires, ils n’hésitent pas à s’attaquer à toute présence humaine ou en portant la marque.

Certains passent le plus clair de leur temps en mer, les équipages parcourent principalement les zones offrant des points d’escales insulaires ou naviguent le long des côtes sur des bâtiments militaires réaménagés de grands mâts aux voilures noires terrifiantes. Ces pirates, quand ils ne passent pas leur temps à plonger au cœur des villes englouties, poursuivent les détachements d’humains qui acheminent vivres et marchandises sur les plateformes de forage, ou vers les sites sous-marins C-S-G pour en dérober les accumulateurs. Ne reculant devant rien, la rage de leurs attaques n’est apaisée que par la destruction et le pillage. Les Shamans de la mer amassent leurs butins et s’octroient parfois quelques semaines de répit sur des îles reculées peuplées de mutantes et d’enfants tout au long de l’année.

 

Les femmes protègent les lieux en attendant le retour des pirates, élèvent les enfants en les préparant au combat et servent au mieux les fossoyeurs d’épaves épuisés par leur voyage. Cette situation ne reflète en rien une quelconque idée de soumission ou d’infériorité entre les sexes. Les Shamans vouent un culte inconditionnel à la féminité à l’image des premières civilisations Çatal Höyük en actuelle Turquie. Comme il s’en défendent : « Si elles s’attaquaient à un convoi, il ne resterait rien à ramener tant leur puissance destructrice est sans limite. » Dans les camps ce sont les femmes qui organisent et dirigent la vie de tous - durant le récit, les deux grandes cités, Fallen et Urk, seront dirigées par des femmes, Lugal’Ann et Puabi. Par ailleurs aucun soldat n’embarque sans avoir pris soin de présenter l’itinéraire à son épouse et d’écouter ses conseils. Cela arrive très rarement vu l’attitude fière des guerrières, mais quand une compagne craint profondément pour une mission, c’est l’équipage tout entier qui vient écouter le motif de ses craintes. La mer est impitoyable et il n’est pas rare qu’une entreprise soit annulée sur une intuition féminine. Les femmes shamanes sont aussi plus solides face à la douleur et plus précises dans leurs mouvements. Elles demeurent le parfait exemple de contrôle de soi qui inspire les jeunes à se dépasser lors de leurs entrainements.

 

Atra Hasis commande une flotte de neufs navires terrifiants parcourant les mers du globe. Si ses capitaines sont très efficaces à remonter toutes sortes de richesses du fond des océans, lui en revanche préfère mettre le cap à la recherche de toute trace de vie qui subsisterait encore. Atra rejoint régulièrement les sites de sédentaires pour rapporter toutes sortes de plantes et d’animaux.

Sur la terre ferme, quelques expéditions de recherches visant à alimenter les pôles de vie de Shamans sédentarisés parcourent les régions les plus arides. Mais attention, il ne faut surtout pas les confondre avec les vrais nomades, les chasseurs d’hommes comme ils aiment se nommer. Si les expéditions préfèrent la discrétion, ces derniers sont bien plus agressifs avec une mentalité très proche de celle des marins. Les Nomades préfèrent agir pour la « cause » et prennent un malin plaisir à attaquer et détruire les installations et les postes avancés automatisés Sphériens. Par petits groupes, ils attirent ou suivent les convois de marchandises humaines, soit sur le retour, transportant des cargaisons de valeurs, soit en route pour de précieux gisements. Tapis des jours entiers sous le sable s’il le faut, ils attendent le bon moment. Leurs attaques sont précises, presque silencieuses, brèves et fatales. Malheureusement, outre les images des appareils de reconnaissance survolant les scènes dépouillées après coup, aucun témoignage direct n’est jamais remonté jusqu’aux Ariès ni dans les Cités où l’on ignore totalement l’existence d’une quelconque vie à l’extérieur. Principale cause des problèmes que rencontrent les exploitations sphériennes, le Consulat pourchasse la menace shamane aux commandes de nuées de drones et de détachements de Deoïds de combats. Le plus souvent les embuscades des humains se soldent en échecs. Les Shamans qui opèrent  dans leur élément, arrivent toujours à retourner les situations et dans les sphères, les signaux GPS des appareils de combat disparaissent un à un des écrans de contrôle, jusqu’au dernier.

Les Shamans ont pour particularité d’utiliser les éléments à leur avantage. Grâce à de simples masques respiratoires ils parviennent à parcourir des centaines de kilomètres au cœur des tempêtes de poussières et s’approcher d’une cible sans alerter aucun radar. Après le passage d’une attaque Haboob, quand les ténèbres se dissipent et enfin le décor apparait, il ne reste que des ruines recouvertes de poussière et l’odeur du sang.

Les sédentaires d’une manière générale ne voient pas d’un bon œil les activités de pirateries de leurs frères du voyage qui ne font que satisfaire un simple besoin de vengeance au prix de quelques richesses consommées ou vendues en moins de temps qu’il n’en fallut pour les voler.

Les Sédentaires

 

Malgré des aptitudes parfaitement développées pour résister aux puissants ultraviolets, la vie shamane sédentaire s’organise dans la tranquillité et l’obscurité des sous-sols humides. Pour améliorer leur confort, usant de leur force, ils creusent le terrain mais n’en manquent pas moins de délicatesse et de goût dans l’agencement des salles et des galeries courant dans les entrailles de la terre. Grâce à leur sensibilité sensorielle, ils repèrent les nappes et détournent les sources d’eau pure pour alimenter les chaumières et décorer les lieux de cascades artificielles. Le plafond des grottes gigantesques laisse passer une lumière filtrée depuis la surface, précisément dirigée en lignes verticales sur les nombreux jardins, les statues ou les chutes d’eau façonnées qui composent le décor de cet habitat intemporel. Les Shamans ont la main verte et dans les plus grandes cavernes, des pans de mur entiers, éclairés sur des dizaines de mètres carrés par les rayons filtrés de la surface, offrent le spectacle d’une nature tropicale irréelle à seulement quelques mètres du chaos climatique permanent. La végétation maintenue artificiellement y est si dense qu’elle abrite des animaux que l’on croyait disparus. Certains spécimens qui ont survécu par miracle furent recueillis au cours des expéditions d’Atra Hasis et des individus clonés sont parfois dérobés aux convois sphériens. Ainsi reptiles, primates et autres mammifères cohabitent avec plusieurs espèces d’oiseaux aux milles couleurs se nourrissant des nombreux insectes de cet écosystème idéal. Parallèlement, chaque ville sous-terraine possède un espace dédié à l’agriculture où pousse toutes sortes de plantes nutritive et thérapeutiques.

Sur le continent des Amériques, le peuple est réparti au nord dans divers sous-sol naturels, comme les grottes Luray en Virginie à l’est, ou Fallen, la grande forteresse shamane de la côte ouest. Au sud, de grandes concentrations d’individus ont su profiter des cavernes protégées sous les pyramides des premiers autochtones adorateurs du Soleil, qui parsèment tout le long de la Cordière des Andes et le cœur de la forêt amazonienne.

En Mégasie, sur les anciens territoires de Chine et d’Inde les glissements de terrains et les tempêtes ont ensevelis les temples et d’une certaines manières les ont protégé du temps. Comme partout ailleurs les grandes salles sont aménagées en pôles de vie où faune et flore demeurent surréalistes.

La région de Mésopotamie est « la Mecque » des Shamans du monde entier qui en ont adopté les cultes religieux que partageaient les sumériens, les accadiens et les babyloniens, partant du principe que seuls les premiers textes sont les « vrais ». Ainsi les cités vieilles de cinq mille ans, berceau de l’humanité comme Uruk, Babylone ou la mystérieuse Akkad, furent remises en état à l’abri sous les couches d’un plancher millénaire pour accueillir les nombreux pèlerins mutant au sein de la merveilleuse étendue souterraine d’Urk . Cette région sacrée est dangereuse est aucune présence humaine n’y est tolérée. Pour la protéger, un Shaman redoutable, accompagné d’un petit régiment d’élite, monte la garde depuis les falaises israéliennes. Profitant des vestiges des plus anciens sites de sédentarisation humaine de Jéricho à Ouadi En Natouf. Le Shaman Gilgam et sa poignée de soldats veillent sur des milliers d’hectares jusqu’au sud de l’Irak. Ils sont violents, impitoyables et ne laissent aucun survivant derrière eux. Quand ils repèrent une cible, ils la traquent sans relâche jusqu’à sa destruction. Même les nomades les plus audacieux ou les pirates les plus intrépides n’osent pas affronter la célèbre colère de Gilgam.

Les Shamans sont très unis et les affrontement qui les opposent au sein de la communauté sont toujours rituels où organisés en défi. Leur condition les amène à ne pas concevoir qu’on puisse s’exterminer au sein d’une même espèce.

(Han Son Doong -Parc national de Phong Nha-Kẻ Bang, près de la frontière du Vietnam avec le Laos.)

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Cultes et Croyances

 

B - Cultes et Croyances

À force de creuser la terre aux quatre coins du monde et d’en extirper les signes de nos premiers instants, les Shamans en ont appris plus en dix ans sur les balbutiements de l’humanité que celle-ci en deux cent ans d’archéologie.

 

C’est la région du croissant fertile, de l’Irak à l'Egypte en passant par la Turquie, qui leur dévoila les plus anciennes tablettes dont les textes racontent strictement les mêmes histoires que les religions plus modernes. Ceci révèle à leur sens la faiblesse et la soif de pouvoir des humains qui vont jusqu’à se cacher l’histoire dans le seul but d’accumuler plus de puissance et exercer leur domination sur les autres.

 

Le rapport qu’entretiennent entre eux les Shamans de sexes opposés et l’importance de la femme dans leur société les rapprochent aussi de l’histoire de Sumer et d’Akkad où les règnes glorieux de certaines Reines plus puissantes que les seigneurs de cette ère sont décris en détail sur les murs des tombeaux et des temples ancestraux.

 

Dans les mythes créationnistes aussi, Ninty, l’Ève sumérienne, c’est-à-dire la première figure féminine apparaissant dans le récit de Sumer de la création du monde est d’essence divine, tout comme Adam. C’est une erreur de traduction, selon les Shamans, qui a conduit l’Ève biblique, Ninty dans la mythologie sumérienne, à exister depuis la « côte » d’Adam, (Enki chez les sumériens). Nin signifiant la dame, et Ty la vie partagée, mais aussi le flanc, la côte. Ninty est une divinité qui selon les traductions des tablettes, fut créée pour « soigner » Enki, le premier homme. Il fut empoisonné par une divinité qu’il avait défiée et Ninty fut envoyée pour le soigner. Ici les Shamans y voient encore une mauvaise interprétation du terme « prolonger l’existence » dans l’accompagnement et par la descendance plutôt que simplement « guérir ». Les rapprochements théogoniques des ces textes concernent d'autres passages du Livre de la Genèse comme l’Arche de Noé et le Déluge. Des détails de la théogonie grecque y figurent aussi, et ceci ne peut que conforter les Shamans dans leurs convictions spirituelles.

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(Liste des rois sumériens, vieille de 4000 ans découverte au début des années 1900 par l’archéologue germano-américain Hermann Hilprecht

sur le site de l’ancien Nippur et publié en 1906)

Ainsi les lieux saints, depuis Jérusalem par les frontières de Turquie et jusqu’au sud de l’Irak, sont complètement restaurés sous la terre autour de la capitale ensevelie d’Urk. De manière générale, tous les sites shamans offrent un spectacle magique aux non-initiés mais dans la capitale religieuse tout y est démesuré. Les bâtisseurs ont tellement creusé le sol qu’ils sont parvenus à relier plusieurs sites entre eux. Chaque croyant en pèlerinage contribue à la construction ou à la maintenance des temples lors de son séjour et des milliers de colonnes de pierre sculptée en un seul bloc, alignées sur des kilomètres de cavernes, traversent les quartiers et les temples. La multitude de visiteurs se promenant entre les échoppes qui proposent souvenirs et bibelots sacrés donnent aux avenues commerçantes les allures et les parfums de la mythique Babylone. Ces mondes ensevelis, illuminés des rayons célestes transperçant le plafond rocailleux, semblent n’avoir jamais cessés d’exister ici-bas.

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Fallen, L’épisode de Los Angeles

 

C - FALLEN, La Cité perdue de Los Angeles - 2

 

Los Angeles ne fit pas exception au scénario désastreux du Grand Appel, mais c’était sans compter sur la présence hasardeuse d’une armée de mutants en fuite qui, attirée par l’attroupement devant la cité, se posta en observation sur une colline surplombant la scène. Ils restèrent là jusqu’à l’ouverture de la citadelle, regardant les faibles humains se ruer à l’intérieur jusqu’au retentissement d’une sirène immédiatement couverte par le grincement assourdissant des engrenages titanesques résonnant à travers toute la vallée. Les portes géantes amorcèrent leur clôture et les voix hurlantes des foules repoussées avec violences vinrent ajouter au drame. Profitant de la confusion, les guerriers mutants se précipitèrent comme un seul homme et assiégèrent la Cité des Anges en un assaut surprenant. Leur force et leur rapidité ne laissèrent aucune chance aux lourdes mitrailleuses qui furent détruites en premier. Ni la hauteur des remparts, ni la multitude des drones armés qui leur faisaient face ne suffirent à les stopper. Une fois à l’intérieur, ils ouvrirent les portes et tous les réfugiés purent entrer. Mais ce ne s’arrêta pas là, les Shamans marchèrent dans les rues, saccageant tous les aménagements et n’hésitant pas à tuer ceux qui tentaient de protéger leurs nouvelles habitations. Fort de cette frénésie martienne, les refugiés qui pénétraient enfin la ville, se ruaient sur leurs anciens compagnons de route admis à leur place. Le sang coula partout et souvent sans raison. La survie mène parfois les hommes à la folie, et ici ce fut le cas.

Le calme revenu, les survivants, Shamans et humains, s’installèrent dans la cité dévastée et entreprirent de vivre ensemble. La ville fut rebaptisée Fallen par les hommes, en mémoire des anges qui tombèrent ce jour là et les Shamans qui s’intéressaient aux mythes les plus anciens, nommèrent l’extérieur de la cité le Shamas, pour honorer Shamash, Dieu-Soleil babylonien qui apporte la force et équilibre la vie.

 

Les règles de la ville furent rédigées par Gilgam le plus puissant des Shamans et Enkidi la seule humaine de la cité qui parvint à le tenir en respect aux épreuves de légitimité.

Pour savoir lequel des deux peuples serait plus à même de diriger la ville, les Shamans organisèrent sept épreuves auxquelles seulement trois représentants de chaque race pourraient participer. Trois épreuves de force définies par les mutants et trois épreuves de ruse proposées par les hommes. Les deux meilleurs parmi les six participants durent s’affronter dans une dernière étape, celle-ci aussi choisie par les humains par courtoisie au plus faible, une partie d’échec.

Ne vous fiez pas à leur apparence, le mutagène a transformé les Shamans en brutes herculéennes mais leur réseau synaptique s’est lui aussi renforcé et ils sont bien plus intelligents et rusés que le commun des mortels. Le résultat ne laisse pas beaucoup d’espoir quand la sixième épreuve commence, les humains ont échoué aux trois épreuves de force et sont arrivés en même temps à la course d’énigmes, la première des épreuves de ruse où chaque pallier ne peut être franchi qu’en donnant les bonnes réponses aux questions barrages. Enkidi a ensuite brillamment répondu au test politique, les Shamans dépourvus de leurs souvenirs furent nettement désavantagés. Nous amenant au score de trois à un pour les Shamans et un match nul, l’avant dernier défi est un labyrinthe d’énigmes mais au plus grand désarrois des gabarits corpulents, ce dédale est truffé de trous de souris et de chemin sinueux de canalisations entremêlées. Chaque intersection oblige une question barrage à choix multiple et une réponse par chemin possible. En choisissant la bonne à chaque fois, on conserve le bon itinéraire pour atteindre la sortie mais la moindre erreur ne vous sera pas signalée et vous conduira sur un chemin bien plus long avec de plus en plus d’intersections. Souple, intelligente et menue, Enkidi fut la première à sortir, totalisant deux victoires à elle seule, elle disputera la partie d’échec contre Gilgam. Ce dernier est extrêmement prétentieux depuis le premier jour et malgré sa taille, il parvint à sortir en force, deuxième de l’épreuve du labyrinthe. Il est le meilleur et le plus fort en tout et ici encore, ne se bride pas de le rappeler à son entourage.

Si notre outsider fut choisie pour participer aux épreuves, c’est aussi parce qu’elle est connue de son peuple pour être la plus douée aux échecs. Sur la route, au cours de leur long voyage pour rejoindre le Grand Appel, sa famille démunie proposait aux anciens et aux érudits d’affronter une adolescente aux échecs et pariait de la nourriture ou des tissus. Les parties étaient alors expéditives, mais ce jour là, contre Gilgam ce fût une autre histoire. L’affrontement dura deux jours entiers. Pour la première fois quelqu’un lisait son jeu, son esprit mis à nu par ses pupilles verticales perçantes, le Shaman la contraignait à toujours renouveler ses stratégies. Lui en retour n’en revenait pas, jamais il ne réussit à prendre le dessus, au mieux il n’anticipait qu’un ou deux mouvements, mais très vite son compte retombait à zéro. Insaisissable, pour la première fois quelqu’un, une faible humaine de surcroit, se dérobait face à lui.

Les témoins racontent qu’à la fin ils ne se quittaient plus du regard, déplaçant les pièces sur le plateau d’une main sûre sans jamais détourner les yeux. Ce qui devait arriver arriva… PAT ! Elle le coinça bien qu’il parvint in extremis à sauver la face. Ce résultat valut tout de même le point aux Hommes qui obtinrent une égalité aux épreuves de légitimité, avec un score de trois partout et un match nul.

Mais plus qu’un point gagné et le partage du pouvoir de la cité, Gilgam et Enkidi se trouvèrent et ne se quittèrent plus, officiellement le jour pour diriger la cité et secrètement au cours de leurs ébats nocturnes.

Pendant dix ans la vie suit son cours dans un climat communautaire très prononcé. Dans la ville les mutants sont craints et n’hésitent pas à en profiter lors des soirées arrosées dans les rues de Fallen. On ne se mélange pas mais on sait vivre ensemble. Cependant si chacun semble se respecter les épisodes violents de faits divers répétitifs trahissent une animosité permanente et sous-jacente. Il est d’ailleurs très mal vu de partager sa couche avec l’autre race. Les Shamans se reproduisent entre eux et les hommes tout autant. Gilgam et Enkidi sont assez malins pour ne pas éveiller les soupçons mais encore faut-il savoir d’où vient la menace.

 

 

Un soir, c’est un espion sphérien, hommes de chambre de Gilgam, en poste depuis trois ans, qui suivit son maître et découvrit non seulement la relation taboue mais aussi que la cheffe de la ville était enceinte. Quelle nouvelle ! Le premier bébé interracial Humain/Shaman. L’information remonta vite dans les sphères. Ce bébé pourrait être la solution, il pourrait n’avoir conservé que les qualités de ses géniteurs, ses gênes pourraient être la réponse, tant d’espoirs qui nourrissent les esprits des chercheurs. Les services du Trident avaient encore six long mois pour mettre leur plan à exécution.

 

Les dernières semaines avant la naissance, Enkidi tomba malade et s’affaiblissait à mesure que le bébé grandissait en elle. La nuit du 18 juillet 2096, elle succomba après son accouchement, le temps d’une dernière étreinte avec son amant et sa petite fille. Elle la nomma Sín, divinité mésopotamienne de la Lune en hommage aux croyances shamanes et en mémoire du seul témoin illuminant ces moments où ils profitaient de leur amour secret à la faveur des nuits californiennes…

 

Vingt deux jours durant, malgré l’odeur et l’aspect du corps amorçant sa décomposition, Gilgam ne pourra se résoudre à quitter sa bien aimée. Certain que sa mutation est la cause du drame, sa douleur est si grande qu’il n’ose même imaginer s’approcher de l’enfant. Ses conseillers frappent à la porte jour et nuit pour le raisonner mais rien n’y fait. Placée entre les mains des nourrices expérimentées, Sín est traitée comme la fille d’Enkidi et de Djamal, unique ami du couple dans la confidence.

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LES HORSCITS

Gilgam au chevet du corps d’Enkidi, ne peut s’apaiser tandis que les espions du Trident déployés et bien renseignés vont profiter du silence de la nuit et de l’absence du chef pour enlever son enfant.

Chaque fois qu’il ferme les yeux, sa bien aimée lui apparaît en songe, portant la Lune le sourire aux lèvres. Mais cette nuit là, dans son rêve Enkidi pleurait. Il pouvait entendre le son sa voix qui le suppliait : « Retrouve la ! ». Quand soudain les hurlements des gardes tambourinant à la porte de la chambre de la défunte vinrent l’extirper du songe pour lui annoncer la disparition de sa fille Sín. Gilgam retrouvant tous ses moyens, ne fit qu’un bon.

 

En arrivant sur les lieux de l’enlèvement il déduit rapidement tout le scénario et compris que des espions évoluaient dans la ville. Furieux, il ordonna une autopsie des restes d’Enkidi, tortura les derniers humains entrés à son service ainsi que les sages femmes qui avaient suivi la grossesse. Djamal et les autres humains se révoltèrent contre ses réactions démesurées. Quand enfin il eut la preuve qu’Enkidi avait subi un empoisonnement régulier visant à n’affaiblir qu’elle et jamais le fœtus, le chef des mutants ne fût plus raisonnable. « Les humains sont perfides, bannissez les ! ». Cette seule phrase qu’il répéta à travers les hauts parleurs de la ville fut l’étincelle qui suffit à réveiller ses soldats. Ils se saisirent de tous les réfugiés qui croisaient leur route en vue de les éjecter de la forteresse. Ils pénétrèrent les maisons, ne firent aucune différence entre hommes, femmes ou enfants et capturèrent sans mal tous ceux qui n’avaient pas déjà fuit par les portes grandes ouvertes. Les prisonniers furent expulsés, et ceux qui se rebellaient, exécutés. Fallen demeure encore aujourd’hui une forteresse Shaman. Gilgam n’en est pas resté le protecteur, avec une poignée de ses meilleurs éléments, il partit à la recherche de sa fille et céda sa place à Lugal’Ann, spécimen de la première génération, que certains jugent plus dure que le granite et plus maline que le serpent. Le chef destitué entreprendra un long périple sans jamais retrouver la trace de Sín pour finalement se résoudre, après sept années de traque, à vivre en Hermite avec son bataillon et protéger les lieux saints du Moyen-Orient.

 

Après avoir été chassés de Fallen, les hommes, dans leur nouveau pèlerinage, furent accueillis dans les camps souterrains de leurs congénères qui ont du apprendre à survivre à l’extérieur des cités depuis le Grand Appel… les Horscits.

 

3/ Les Horscits

 

Ils sont les survivants du Grand Appel de 2086, les descendants de ceux qui n’ont pas eu le privilège d’intégrer les Cités et la protection du dôme. Pour les citoyens il n’existe rien au delà des remparts et pourtant ce sont des dizaines de millions de personnes qui survivent cachées depuis des décennies dans l’immensité aride du Shamas.

À l’instar des Shamans, ce peuple se réfugie sous terre, mais c’est là bel et bien pour se protéger du soleil.

Les Horscits vivent la nuit, emprunt d’une discipline de fer, ils suivent le rythme des cycles de Lune en qui ils vouent une passion presque religieuse. La vie nocturne ne leur apporte que des avantages. Les chasseurs profitent de l’obscurité pour ramener des vivres et des ressources, débusquer des reptiles et les nuits de grande fortune capturer un des rares mammifères tenaces qui ne quittent leurs terriers que pour les chasses nocturnes.

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La vie dans la Chika

 

A - La vie dans les Chikas

 

Le quotidien horscit se déroule selon un rythme inversé du reste des populations. Le peuple de la nuit s’est adapté aux nouvelles conditions en s’abritant dans les infrastructures souterraines et les édifices des anciennes villes aujourd’hui désertes. Disposant des tunnels, des lignes de métro et de tout type de constructions souterraines du passé, ils ont su creuser pour construire, relier et aménager tout un environnement sécuritaire et indépendant.

Les Chikas sont des métropoles exclusivement développées au sein des sous-sols des villes détruites. Lorsque un drone de reconnaissance sphérien survole une ville en ruine, il ne peut détecter la fourmilière horscite qu’elle y abrite.

Au premier coup d’œil ce peuple semble inoffensif, travailleur et prudent. Toute la nuit les femmes et les hommes s’activent à maintenir l’organisation fragile de la communauté qui doit faire face à de nombreuses menaces. Shamans, drones sphériens, tempêtes destructrices, soleil meurtrier et températures extrêmes ne sont que le quotidien auquel il faut faire face.

 

Les civils, n’ont qu’à se rendre à leur travail et respecter les alertes pour ne pas mettre en danger la population. Les sorties en surface sont contrôlées et souvent escortées, elles demeurent strictement interdites la journée, sauf sur dérogation spéciale.

Durant les nuits, les hommes et les femmes s’attèlent à leurs activités, à la maintenance de la Chika, à l’éducation et à la formation des plus jeunes, ou à la surveillance à distance des centrales énergétiques extérieures.

Les longues et larges allées qui relient les sous-sols entre eux et vers des sorties dissimulées en surface, laissent transiter entre les Chikas, plusieurs types de véhicules magnétiques personnels monoplaces où familiaux. Entre les murs des Cités, les permis de posséder un véhicule personnel sont délivrés seulement aux personnes les plus riches, car extrêmement chers. Chez les Horscits c’est presque au berceau que l’on apprend à manier et entretenir un moteur magnétique. Sans ces véhicules il serait impossible de parcourir l’immensité hostile du Shamas, d’échapper rapidement à l’avancée d’un haboob ou au courroux d’un catacumbo.

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Culture & Divertissement

Andrew Lee - Concept Art

 

 

 

Culture & Divertissement

 

On remarque que la vie est teintée d’une rare discipline envers les règles et les ainés, emprunte d’un animisme ancien basé sur les préceptes japonais du Shugendō. Cette tradition spirituelle millénaire où la relation entre l'homme et la Nature est primordiale, inclut des enseignements d'autres philosophies orientales (shintoïsme, taoïsme et confucianisme). Les conditions et la fureur de l’environnement rendent tout son sens fondamental à ce courant de pensée. Le caractère religieux que peut revêtir cette idéologie a toujours été secondaire, n’importe quel pratiquant peut aisément vivre sous les règles du Shugendō sans n’enfreindre aucun principe de sa religion primordiale.

Pour se divertir les horscits sont friands de spectacles vivants et exhibitions de rue. Depuis les shows d’art martiaux orchestrés, aux pièces de théâtres relatant les faits marquant l’histoire, chaque prestation et l’œuvre d’un travail minutieux et toujours parfaitement exécuté. Il en va de même de leurs créations artisanales et magnéto-mécaniques, toujours un travail d’orfèvre. On remarquera les danses Kagura où les interprètes s’affichent sous des masques terrifiants qu’ils fabriquent eux-mêmes.

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(Kagura Monzen Tojimura)

Une des passions qui fédèrent et fait rêver les Horscits c’est l’Ultra-Race. Sur les immenses axes autoroutiers abandonnés, sont organisés des championnats de vitesses sur des véhicules en tout genre. Ces courses sont filmées par de nombreux drones et diffusés dans toutes les Chikas, elles déterminent les meilleurs pilotes, constructeurs et concepteurs. Localement d’abord puis entre différentes contrées, les écuries n’hésitent pas à moderniser leur technologie pour remporter le championnat et le titre de Flèche d’Or. Xila Queen, une texane à la peau plus blanche que la Lune détient le titre depuis deux ans.

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Éducation

 

 

Éducation

 

À l’instar de celui de Charop, le système pédagogique horscit est divisé en deux étapes ; l’enseignement primaire et spécialisé. En cursus primaire les élèves sont éduqués selon des principes à dominance confucianistes. Le respect des anciens, de leurs valeurs et l’apprentissage des règles de vie et de survies sont inculqués en parallèle des cours de lectures, de mathématiques et d’histoire. Pour ne pas perdre leurs racines, les enfants doivent connaître leur langue maternelle et l’anglais. Le système éducatif primaire se charge, si les parents en sont incapables, de les enseigner à l’enfant.

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Ressources

(Extrait du clip musical - Love Song - par le groupe SEKAI NO OWARI)

 

 

 

Ces cours ont lieux les débuts de nuits et après la pause repas, les jeunes iront rejoindre le camp d’entrainement militaire pour y apprendre les règles de survie en extérieur, un art martial et le maniement de quelques armes blanches. Chaque Horscit suit le même cursus « primordial » et reste capable de se défendre et d’affronter les menaces extérieures.

S’en suit l’enseignement spécialisé. À quatorze ans les professeurs convoquent leurs élèves et les parents afin de leur exposer les conclusions de la première étape et leurs recommandations d’orientation scolaire.

 

Dans un cadre normal où le futur horscit est voué à une carrière civile d’artisan, de commerçant ou de médecin, les nuits sont entrecoupées de cours théoriques et travaux pratiques. Chaque apprentis, dès le début de son initiation passe régulièrement du temps dans l’entreprise de son « maître » de spécialité.

En ce qui concerne les autres, ceux prédisposés à la guerre et au combat, ils entrent dans un cursus de formation militaire des plus difficiles et efficaces.

 

 

Ressources

 

Disposant d’une technologie presque similaire à celle que l’on retrouve dans les Cités, les horscits n’ont pas la possibilité d’exploiter l’hélium 3 en extérieur car les épaisses vapeurs des turbines dévoileraient leurs positions. Cette source d’énergie est réservée aux complexes militarisés souterrains.

 

Cependant plusieurs types d’infrastructures apportent la puissance nécessaire dans les Chikas pour palier aux besoins de la vie civile qui demeure autonome. En plus des quelques barrages hydrauliques restaurés qui alimentent les points proches des cours d’eau, sur les dizaines d’hectares stériles exposées aux éléments déchainés, des centrales discrètes demeurent camouflées.

 

Centrales Solaires : Les progrès liés à la photovoltaïque permettent de puiser un maximum de photons bombardés par le soleil. Si d’autres procédés de récupération solaire existent, ici ce modèle a été choisi pour sa discrétion. De plus ces centrales exploitent la lumière mais aussi l’énergie thermique. Des panneaux solaires sont situés sous une immense capsule de verre hermétique et la chaleur concentrée dans cet espace restreint ne peut remonter qu’au travers d’une cheminée étroite, entrainant les turbines qui créent de l’énergie supplémentaire. Pour se dissimuler, la cheminé déguisée en colonne de pierre est munie de projecteurs holographiques reflétant sur l’immense surface de verre, l’image d’un relief désertique. Ce système en fonctionnement constant et régulier, est complètement autonome et ne nécessite aucune action de l’homme, si ce n’est le remplacement et l’acheminement des batteries une fois celles-ci chargées.

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Les Hyperoliennes : Sur les plaines venteuses ce sont des champs d’hyperoliennes qui se déploient du sol lorsque les sondes informent les capteurs de la présence de vent, et si les scanner n’ont détecté aucune menace aux alentours. Si aucune signature vitale ou magnétique n’est repérée, alors de solides structures s’élèvent du sol et les huit hélices mobiles de chaque tour se positionnent face au vent.

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Un système de mini-turbines dans les pales permet de tirer profit de la moindre brise. Il y a des endroits où le vent souffle en permanence mais trop faiblement pour amorcer directement les pales de huit mètres de long. Ici les petits engrenages des ventilateurs légers s’actionnent et à mesure que le souffle persiste, ils chargent un générateur d’impulsions. Lorsque le vent est régulier et les générateurs chargés, une impulsion magnétique est envoyée aux rotors aimantés et l’hyperolienne entre en mouvement.

Santé

 

Santé

 

Si de nombreux cas de saturnismes se sont déclarés après des années de vie nocturne, aujourd’hui l’éclairage des rues est comblé par des sources d’ultra-violets. Disposées dans les hauts plafonds rougis par les faisceaux, les émissions d’ondes régulières pallient au manque de vitamines D et autres apports indispensables normalement prodigués par le soleil. Dans les demeures familiales les pièces communes sont munies de ce même dispositif, tout comme dans les écoles, les centres commerciaux ou les hôpitaux.

 

Ces derniers sont situés au plus profond des Chikas, parfois même éloignés de plusieurs kilomètres pour en assurer la sécurité en cas d’attaque. De nombreux médecins assurent les soins et le suivi des patients et dès le plus jeune âge les horscits sont familiarisés aux gestes et outils technologiques de premiers secours. On apprend à recoudre, cautériser, appliquer une membrane de maintien et tout autre moyen d’affronter les nombreux dangers du dehors.

Le Teikō ou La Résistance Mondiale
Les histoires du Teikō, la nouvelle vie de Yolandi

 

B - Le Teikō ou La Résistance Mondiale

 

                                                                                       

 

Les histoires du Teikō, la nouvelle vie de Yolandi

 

>> Le Pays des Nuages 

 

Depuis sa sortie des accords de la NACE en 2066, le Japon s’est reclus sur lui même et s’est préparé au pire. Tous les efforts de la nation furent ciblés sur l’innovation technologique et militaire. Au bout de plusieurs décennies, quand la nouvelle des ravages inhumains du Grand Appel leur parvint, les dirigeants japonais envoyèrent sur toute la planète, quelques uns de leurs meilleurs généraux, des soldats expérimentés, des vivres et des médicaments, à tous les camps démunis. La mission des militaires exilés était sans retour, chaque régiment devait réunir le plus d’hommes possible, les former au combat et constituer des cellules résistantes.

C’est ainsi que les préceptes du Soleil-Levant eurent tant d’influence au sein de l’organisation de la vie horscite ou de l’art de la guerre ; Teikō signifie résistance en japonais et Chika, Souterrain. Les soldats japonais furent remerciés dès leur arrivée à un moment où les hommes perdaient tout espoir.

Parmi leurs avancées scientifiques, la maîtrise magnétique du confinement des gaz, semblable au procédé MAO des boucliers d’ozone des Cités, leur a permis de maintenir un nuage de protection en permanence au dessus du Japon. Cette barrière nuageuse filtre les rayons solaires et empêchent toutes prises de vue aériennes de drones ou de satellites. Derrière le tumulte des mers déchainées qui l’entourent et sous un épais voile cotonneux protecteur, cette nation demeure inaccessible et oubliée de la surveillance sphérienne.

Toucher l'immortalité

>> Toucher l’immortalité 

 

Nous sommes en 2094 et Yolandi Rosa, notre génie de l’innovation s’apprête à présenter aux responsables du gouvernement du Trident et leur chef Charop Saturnan, le nouveau projet Orbiter avec l’exhibition de la sphère Europa. À ce moment de l’histoire, tous vivent ensemble dans l’immense cité surpeuplée et c’est encore au profit de plus de confort et au détriment de la planète que les puissants prennent leur décision. Ils votent la fabrication de nouvelles Sphères et l’abandon d’Orbiter. Cette décision laisse un goût tellement amer à la scientifique qu’elle s’isole et ne se présente plus aux bureaux de RosaTech. Janus, riche homme d’affaire philanthrope et ami d’enfance de Yolandi, qui siège au Consulat de Paris en tant qu’Athiès de Nouvelle Europe, implore son amie de le rejoindre sur Europa. Mais l’absence de réponse et enfin la désactivation de son Biotransfer achèveront d’éveiller les soupçons du Trident après deux ans. Un mandat d’arrêt à son encontre apparaît sur les écrans des Ops et de leurs drones.

 

Accusée de trahison et de retarder l’avancement des chantiers des nouvelles Sphères, en réalité, Yolandi travaille sur des projets bien plus complexes… deux en réalité.

Le premier vise à sécuriser sa plus belle création, Grammy. Si celle-ci n’est aux yeux de tous qu’un programme informatique évolué, il n’en est rien pour sa conceptrice. Élevée comme une enfant à qui on laisse le temps de raisonner et de comprendre, il a fallu et il faudra encore effacer des épisodes de sa mémoire quand ceux-ci pourraient altérer le jugement de la conscience artificielle. Par exemple la conquête de territoire par les armées shamanes, l’existence de Los Angeles ou encore le jour du Grand Appel où Grammy déploya tout l’arsenal des Cités sur des humains, sont absents de ses données car ces actions violent les trois lois de la robotique d’Asimov. Plutôt que d’effacer ces informations, Yolandi créa Wizard, une copie de Grammy qui ne peut exister que dans les interstices numériques où celle-ci ne se trouve pas. Il est impossible pour Grammy de voir ni même de repérer Wizard tout comme il est impossible à Wizard d’évoluer où Grammy "regarde". Cette situation ambiguë apparaît aux yeux des entités digitales comme une lumière de laquelle émane un champ de force qui les repousse. Normalement ils ne peuvent entrer en contact, sans le code ADN signature de Yolandi. Grâce à cette sécurité, bien qu’elle ne pourra jamais obtenir les financements pour alimenter Orbiter, elle protège malgré tout à l’intérieur de Wizard, ses recherches bien avancées.

La seconde tâche qui occupe notre héroïne est son avenir. Au cours de sa deuxième année de retraite, elle a pratiqué sur un embryon test volé dans sont laboratoire, une opération de clonage par transfert de noyau, un clone d’elle-même en quelque sorte. Durant la gestation du fœtus, elle développa une des créations du programme Shamans de Charop, un dispositif capable d’agir sur le cerveau humain à la manière d’un graveur sur un disque dur. Elle compte copier tout son savoir et ses souvenirs dans l’esprit de l’enfant et d’une certaine manière assouvir un fantasme d’immortalité et continuer d’œuvrer pour l’humanité.

Mais un soir où elle finalisait l’implantation de sa mémoire dans la tête du nourrisson, Janus la prévint que le Trident l’avait repérée et mobilisait un bataillon vers son laboratoire. Tout en restant en communication, elle prépara sa fuite, emportant Wizard et quelques fichiers. Mais il lui fallait attendre la fin du chargement des verrous de développement cognitifs et l’évacuation des fluides remplissant le tube d’isolement magnétique qui emprisonnait l’enfant. Quand les forces de police pénétrèrent dans la pièce avec fracas un accident se produisit.

La technologie utilisée ici est encore le magnétisme, en disposant des plaques chargées autour du crane, le champ magnétique contrôlé parvient à provoquer un état d’excitation optimal des connections électriques du cerveau et les informations envoyées sont ingérées et assimilées instantanément par le cobaye. Mais alors que le chargement avait pris fin, Yolandi obligée de se cacher, ne pu stopper les aimants qui excitaient toujours les synapses du petit clone. Quand une coupure générale de courant mis fin au processus, un mince filet de sang s’échappait des oreilles du cobaye inconscient. Yolandi croyant son enfant mort se laissa arrêtée sans résister, mais sur le chemin du centre de police alors que les Ops ramenaient la suspecte et le corps de l’enfant, toutes les machines à bord se déconnectèrent et le camion quitta soudainement la route. La violence de l’accident étourdit la scientifique, qui aperçut une silhouette lui tendre la main avant de s’évanouir.

 

Quand elle se réveilla, elle était hors de la Cité, dans une petite cave au milieu des ruines du Shamas, loin des remparts. Elle portait les mêmes habits que la veille avec, en plus, un manteau auto-thermique et un sac de vivre et de médicaments. Elle le savait, c’était Janus. Prise de panique elle constata que ses dossiers avaient disparu mais en fouillant les poches de son pantalon, elle se rassura un peu, Wizard était avec elle.

L'exil de Yolandi

>> L’exil de Yolandi 

 

Le soir de son arrestation Yolandi qui terminait ses travaux à la hâte, était en communication avec son ami Janus. Ce dernier tout juste nommé Athiès de Nouvelle Europe au Consulat d’Europa, semblait préoccupé par le sort de la scientifique et de l’enfant. Il organisa la fuite de son amie et se chargea de cacher le bébé dans un orphelinat de Paris.

 

Nous sommes en 2096, dix ans après le Grand Appel, le Général Izan Agiro commande les troupes du Septentrion sur la Chika d’Helsinki. Ses hommes qui patrouillent régulièrement les alentours de la Cité tombèrent sans surprise sur l’âme errante et assoiffée de l’exilée. Quand ils la ramenèrent au camp, la belle femme d’une quarantaine d’années interpella rapidement notre général qui ignorait encore à qui il avait à faire. Yolandi leur raconta son histoire en présentant sans cesse ses plus plates excuses aux oubliés d’un programme dont elle était plus que complice. Le sujet fût clos par des hochements de têtes déconcertants et de brèves déclarations d’absolution. Pour eux Charop était l’ennemi, et Yolandi restait celle qui avait rendu possible les miracles de la magnéto-technologie, l’énergie verte de la fusion H3 et bon nombre d’inventions si pratiques et si précieuses aux Horscits. L’arrivée de cet esprit hors du commun dans les rangs du Teikō leur redonna l’espoir. Elle leur offrit Wizard.

 

Les résistants disposaient désormais d’un réseau de communication et d’une interface de gestion des infrastructures, complètement sécurisée de la menace sphérienne. L’installation du système fut permise via l’envoi de satellites depuis les installations sous-marines du Teikō.

Les enfant de la nuit

>> Les Enfants de la Nuit 

Izan tomba rapidement sous le charme de Yolandi. Non seulement elle est brillante mais tout autant rafraichissante. Quand à elle, chercheuse qui a voué sa vie à la science et aux autres, elle semblait vivre une deuxième jeunesse, une existence de femme comme elle en rêvait secrètement.

C’est le sourire aux lèvres qu’elle aborde chaque nuit au sein de sa nouvelle communauté. Lors de l’un de ses voyages dans la Chika de la division du Ponant au nord de l’Amérique Latine, le couple escorté de quelques hommes, vint "installer" le protocole de communication Wizard. L’accueil du Général Tenjin et le spectacle de bienvenue de son armée de Tengus, de redoutables et agiles soldats ailés, furent si remarquables que le couple séjourna plus de temps que prévu dans la Chika céleste.

À leur retour Yolandi était enceinte.

La mise en place de Wizard et du réseau horscit permit aux résistants de suivre les programmes diffusés  dans les Cités du Trident. Les expériences de clonage humain exhibitoires ne passèrent pas inaperçues sur les écrans des Chikas et Izan n’y voyait que des avantages. Il ne savait rien de la tentative échouée de Yolandi de se cloner elle-même, et il parvint à la convaincre de dupliquer l’enfant en son ventre afin de disposer d’une réserve d’organes, d’un leurre ou encore d’une stratégie de surprise si besoin. D'abord réticente, Yolandi organisa finalement l’intervention avec un procédé différent de celui qu’elle avait utilisé pour Dony (Cf. Innovations). Pour lancer l’opération sur le fœtus, il fallait qu’Izan valide les derniers protocoles mais il fit une petite erreur de manipulation et c’est ainsi qu’en janvier 2099 naquirent Tsuki et sa jumelle Amatera, puis quelques heures plus tard Soosan, le troisième frère, réplique parfaite de Tsuki.

Si jusque ici les triplets partageaient une enfance complice se lançant toujours plus de défis, Soosan fut écarté de la fraternité vers ses dix ans. Considéré comme un clone, son père s’est toujours borné à repousser le dernier né pour ne pas sombrer dans l’hésitation s’il fallait songer au sacrifice. 

Durant leur tendre enfance, les triplets formaient un groupe de quatre inséparables avec Okiku Ogetsu, la nièce d'Inari, Générale du Levant et protectrice du Japon. Okiku, dont les parents avaient péris au combat, était encore bébé quand elle fût envoyée suivre son éducation chez Izan et Yolandi alors enceinte de huit mois. En grandissant Okiku devint comme une sœur pour Amatera et les garçons.

Un jour, alors qu’ils s’étaient échappés en journée pour s’entrainer avec leurs exosquelettes au mercure, Tsuki lança un défi à Okiku. Malgré les inquiétudes d’Amatera et de Soosan, elle accepta. Il s’agissait d’effectuer un saut dans une supercellule orageuse en formation au dessus d’eux. Sans hésiter, Tsuki, aidé de son armure, réalisa la performance assez aisément mais le temps qu’Okiku s’élance, le nuage avait bougé. Des vents descendants se formèrent de plus en plus haut. La force inertielle allant en diminuant à mesure que l’on s’éloigne du sol, Tsuki est parvenu à juste dépasser les courants descendants au départ de son saut pour rejoindre la frontière d’air ascendant le temps d’un instant et amorcer une redescente souple par l’avant du nuage. Son amie, qui avait trop tardé, fut victime de l’accélération des courants et aspirée directement jusqu’aux vents circulaires de haute altitude, dans la partie du nuage où la foudre prend vie. Quand son corps inerte retomba après une longue minute, Amatera l’attrapa en vol et la coucha sur le sol. D’un coup violent au visage, elle écarta Tsuki qui s’approchait, lui laissant une profonde cicatrice sous l’œil droit. Immédiatement elle le jugea responsable et encore aujourd’hui, elle ne lui adresse plus la parole, ni ne reste en sa présence.

 

>> Le Dernier voyage de Yolandi, la naissance de TRINITY.

>> Le Dernier voyage de Yolandi, la naissance de TRINITY.

 

Quand le corps d’Okiku fut ramené dans les sous-sols d’Helsinki, l'enfant demeurait dans un coma profond. Yolandi souhaitait depuis longtemps retourner dans la Cité parisienne pour mettre à jour Wizard et lui permettre de contrôler Grammy afin de procurer à la résistance un avantage définitif. Elle voit dans l’état d’Okiku une raison supplémentaire de mener sa mission. En effet si elle parvient à entrer dans les infrastructure de RosaTech elle pourra surement sauver l’enfant. Mais le refus d’Izan est catégorique et Okiku reste quelques jours en soins intensifs. En secret, Yolandi contacte son ami Janus qui lui apprend que Dony, son enfant-clone, est vivant mais en danger. En effet l’enfant possède le même ADN qu’elle, et si jusqu’ici, grâce à sa position avantageuse, Janus a réussi à falsifier les données de son Biotransfer, il ne pourra pas cacher l'enfant éternellement. Complètement bouleversée, Yolandi organise avec l’aide de son ami sphérien, une entrée dans Paris avec une escorte de trois de ses meilleurs soldats et le corps d'Okiku dans le coma. Au cœur de la nuit Yolandi part sans prévenir Izan.

Janus leur ouvre la voie jusqu’aux laboratoires de RosaTech où la scientifique et son équipe s’attellent à leurs tâches mais leur complice sphérien joue double jeu et les a déjà dénoncés. Yolandi parvient à transformer ses bio-informations dans la base de Grammy pour protéger Dony qui n’aura plus besoin de se cacher. Mais le traitement nano technologique sur le corps d’Okiku n’est pas terminé quand les Opérateurs de Police pénètrent l’immeuble. Yolandi doit réagir et décide de faire d’une pierre deux coups. Elle va simplement transférer l’esprit de la petite dans un programme, une troisième copie de Grammy, moins complexe et plus légère, semblable à une banale intelligence de calcul ; l’esprit de l’enfant fera le reste. La mémoire et les souvenirs de l'enfant resteront protégés à l’abri dans les confins de Grammy. Elle nomme le code ZO.-01, pour définir la partie primale (animale) d'Okiku et le lourd fichier mémoire S.O.M-01 pour Synthesizing Okiku’s Memory qui contient les souvenirs de l'enfant.

Yolandi doit maintenant y joindre les connexions aux codes sources de Grammy pour la dissimuler de sa surveillance et y cacher ses souvenirs. Pour cela il faut contacter son amie Maria Salomea, nouvelle directrice de RosaTech. Par hasard c’est sa fille, Ada Byronking, seize ans, qui répond. La petite est fan de l’ancienne meilleure ami de sa mère. Yolandi est sa marraine disparu avant sa naissance. Ada qui a écouté toutes les conférences et regardé tous les cours de Yolandi, s’exclame de joie en entendant la voix de celle que tout le monde croit morte.

Maria étant absente, dans l’urgence l’enfant parvient à suivre les instructions de son héroïne. L’esprit d’Okiku Ogetsu est codé en un processus indépendant possédant des connexions avec Grammy et Wizard. Quand elle se connectera à Grammy elle récupèrera le reste du programme permettant de relier les deux consciences artificielles. Celles-ci pourront fusionner et lancer le processus autonome TRINITY, la somme des données de chaque entité alliée à un esprit humain. Le Teikō prendra le contrôle des installations sphériennes et citoyennes et pourra mettre fin au joug totalitaire du Trident. L’opération réalisée dans la hâte, les horscits tentent de s’échapper mais l’assaut mortel des Opérateurs et leurs drones ne leurs laisse malheureusement aucune chance. Yolandi confie la carte mémoire sur laquelle est téléchargée la seule version de ZO-01 et avec elle tous les espoirs de la résistance, au capitaine du régiment Horscit, Teïsha qui prend une autre direction. Teisha est la cousine d’Izan Agiro, devenue très proche de Yolandi, elle est aussi la plus compétente des soldats du Septentrion. Capturée par les hommes de Janus elle parvient à se débarrasser de la clé avant son arrestation. Quant au reste de la mission, ils périrent durant de l’attaque. Yolandi Rosa, célèbre génie de son temps, s’éteignit ce soir là, à cinquante et un ans.

Izan, sans nouvelles, trouvera après trois jours, une lettre savamment cachée dans sa réserve d’alcool qu’il consomme quand il est préocupé. Le contenu du message explique qu’elle part pour sauver Okiku, tenter de connecter Wizard et régler une dernière chose. Mais il n’est jamais fait mention de l’existence de Dony.

 

La Rose des Vents, Organisation militaire

La Rose des Vents, Organisation militaire

 

Grâce à Yolandi et aux avancées effectuées au Japon, la résistance bénéficie d’une technologie équivalente aux sphériens. Cependant le manque de ressources et les conditions de vie ont poussé les résistants à apprendre à maitriser les éléments pour en tirer avantages plutôt que les subir. On retrouve dans cette approche du combat les philosophies empruntes du Shugendō par les voies du Tai Chi ou du Tao. Ainsi chaque armée possède ses particularités et se distingue des autres par sa manière d’appréhender la guerre et les masques typiques que vêtissent les guerriers.

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Quand les généraux furent envoyés du Japon pour réunir et fédérer les oubliés des cités ils s’établirent aux quatre coins de la planète, littéralement.

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>> Division du Septentrion 

 

Menée par le Général Izan Agiro, c’est à Helsinki que s’est établie la base du Nord. La ville a suivi depuis les années 1960, un programme d’enfouissement de ses infrastructures et l’habillage de ses sous-sols en lieux de vie capables d’accueillir toute une population. Située à une distance orthodromique modérée de Paris et d’Europa, la Chika finlandaise dispose de l’une des bases militaires les plus importantes de la résistance. Passés maîtres dans le camouflage, le combat au corps à corps et le pilotage d’engins supersoniques, les Tigres du Général Agiro peuvent parcourir des centaines kilomètres sans ne laisser aucune trace, tenir leurs positions dans la neige durant des jours et approcher d’une cible sans n’alerter aucun radar. Même les Shamans s’y laissent prendre.

>> Division du Midi 

 

La division australe menée par Heina Takeko a creusé et construit une forteresse imprenable au cœur du gisement de diamant le plus profond de la planète, au Botswana. L’armement sol-air en surabondance tout autour de la Chika ne laisse aucune chance à toute approche aérienne. Une arrivée par la terre serait remarquée des centaines de kilomètres à l’avance sur les plaines gigantesques du sud de l’Afrique. Les assaillant devraient faire face aux soldats surentraînés d’une armée composée majoritairement de femmes dont la dextérité, la précision et la rapidité n’ont d’égal que la rage et la fureur qu’elles déploient au combat. Portant le masque de Geisha, en hommage à la première femme samouraï Tomoe Ozen, les soldats hommes et femmes appliquent son enseignement jusqu’au maniement de la Naginata. Cette lance typique, terminée par une lame de katana fut élaborée pour les femmes guerrières, offrant plus de porté aux attaques, elle équilibre n’importe quel combat face à un homme. Grâce à ces lances terminées par un jet magnétisé de plasma destructeur, aujourd’hui ce sont même les Shamans qui sont tenus en respect par les bataillons de la Générale Heina Takeko.

 

 

>> Division du Levant 

 

C’est le Japon, dirigé par Inari, une guerrière féroce considérée comme la plus rusée et surnommée le Renard Blanc. Son escouade d’élite, les Kitsunés aux cent visages, est composée de guerriers améliorés technologiquement et dont le visage à été remplacé par une membrane nano-transmuable qui leur permet de revêtir n’importe quel visage. Quand ils n’usent pas de leur subterfuge copieur, ils arborent un masque de renard. Outre cette garde rapprochée qui tient lieu de service d’espionnage, la division du Levant est le berceau de la résistance. On y expérimente et développe de nouvelles armes et un matériel toujours mieux adapté au terrain. Autrefois le Général Agiro et Inari entretenaient une liaison, mais aujourd’hui il s’en méfie comme de la peste et lorsque ses Kitsunés viennent en visite sur sa Chika, c’est tout un système de code discret qui s’installe dans la base. Quand ils se croisent, le personnel militaire exécute discrètement des signes avec leurs doigts suivant un code établi. De cette manière les espions d’Inari sont vites démasqués.

 

 

>> Division du Ponant 

 

Situé dans les profondeurs du Mont Roraima au Venezuela, la base du ponant dirigée par Tenjin, a été construite, sans user des infrastructures existantes. Directement creusée dans la roche, la Chika offre de nombreuses galeries d’évacuation vers les parois abruptes en haute altitude. Les Tengus au long nez les traversent en sauts majestueux, grâce aux ailes déployables de leurs exosquelettes et une maitrise parfaite des courants aériens. Le Général Tenjin est un vieux sage, un peu loufoque, qui passe ses nuits à calligraphier.

Par ailleurs, ce n’est que sur son territoire, que durant les soirées de beau temps, sortent par dizaines, diverses espèces d’oiseaux, pour voler aux côtés des Tengus, offrant un ballet céleste, coloré et envoutant. Ces derniers ont trouvé refuge dans les crevasses naturelles de la montagne, les hommes de Tenjin leurs ont ensuite creusé des espaces plus adaptés dans lesquels ils purent pondre et élever leurs progénitures en sécurité.

 

 

>> Les Sous-divisions 

 

La Rose des Vents, haut commandement du Teikō est constituée des généraux des quatre divisions cardinales et des capitaines des sous-divisions.

- Dans les grands espaces de l’ouest canadien, les soldats de la Capitaine Onna, les Fantômes du Noroît, sont des tireurs d’élites hors pairs et d’excellents chasseurs alpins.

- Au nord-est, c’est à Novossibirsk en Russie que s’est établi le camp d’Erlick Tengri et ses trappeurs du Nordet. Certains de ses hommes sont si puissants qu’ils tiennent en respect les shamans les plus valeureux. Les hommes d’Erlick aiment les femmes, boire et se battre. Ils ne décorent pas leurs masques mais il n’empêche que tous au sein du Teikō les comparent à des ours, et ce n’est pas pour leur déplaire.

- Au sud-ouest, à l’image du territoire de Tenjin, la Chika du Suroît a aussi été creusé dans la montagne. Situé au cœur de l’Aconcagua, culminant à la frontière de l’Argentine et du Chili, la base est un aéroport fourmillant de milliers d’aéronefs individuelles et de chasseurs abrités aux côtés de cinq cuirassés transporteurs et d’un millier de chauves-souris qui cohabitent avec les horscits et ont inspiré le design de leurs appareils et de leurs casques. Le Suroît est commandé par les frères Fujin et Raijin mais officiellement seul Fujin est reconnu comme capitaine et conserve un droit de siéger à la Rose des Vents. Dans le cette sous-division, tous les soldats sont pilotes ou savent piloter, y compris les préposés au courrier.

Grâce à leurs bases flottantes dissimulées dans les nuages artificiels qu’elles génèrent sur leur passage, les résistants parcourent de longues distances, bien au delà de leur territoire, pour de la reconnaissance ou en renfort d’une autre division en difficulté. Ces véritables porte-avions volant sont les yeux du Teikō. La puissance de la Sous-division du Suroît réside dans ses attaques venues du ciel, des assauts en orages supercellulaires. Profitant de leur maitrise des nuages, l’attaque consiste en une supercellule dans laquelle ils se déplacent et approchent leur cible qui ne peut les détecter au cœur de la perturbation. Il est déjà trop tard quand les victimes de l’assaut, trop occupées par l’approche de l’orage et des tornades, aperçoivent enfin la pluie de vaisseaux se mêler au chaos de la tempête.

 

 

Atlantis

 

Atlantis, la Sous-division du Suet.

 

Parmi les nouveautés technologiques, les résistants ont exploité ici la même technologie que pour les Cold Stream Generators. Basé sur un vieux concept développé par les Russes durant la guerre froide qui envisageaient de construire des sous-marins en utilisant le béton comme matériaux de construction pour la coque, où les moteurs serviraient à rester en surface. Si ce projet à susciter des moqueries de part son approche jugée contre-intuitive, il fut imaginé quand les scientifiques comprirent les propriétés du matériaux face à la pression. Celui ci se solidifie sous son effet, et plus la pression augmente plus les liaisons entre les molécules qui le constituent se resserrent et se renforcent. Quand on connaît la profondeur moyenne des océans (8 km), la portée des sonars de détection de l’époque (2 à 4 km) et la profondeur dans laquelle évoluaient les flottes de submersibles en métal (600 à 800 mètres), des vaisseaux de ce types, capables d’atteindre des profondeurs extrêmes, auraient changé l’issue de la guerre et peut être le visage du vingt et unième siècle.

 

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La sous-division du Suet commandée par l’Amiral RYAN Jin, héros de guerre invaincu dont les exploits lui valurent le titre honorifique de Dragon des Mers, est une légende à laquelle peu de sphériens adhèrent. La Chika du sud-est serait située quelque part dans les extrêmes profondeurs des océans.

Et en effet, il s’agit de la base sous marine Atlantis, qui contrairement à son appellation se situe au milieu de l’Océan Indien et n’a encore jamais été découverte par le Trident. Les structures bétonnées des édifices semi-sphériques qui quadrillent ce secteur abyssal, résistent parfaitement et sont même renforcées par la pression extrême qu’elles subissent. Même les torpilles les plus destructrices ne peuvent en altérer les murs. Il en va de même pour la flotte atlante, des monoplaces aux énormes « vaisseaux-mères », tous les véhicules sont renforcés d’une épaisse couche de béton. De gigantesques sous-marins transporteurs patrouillent dans les profondeurs et, à l’instar de la division du Suroît, se répartissent sur toute la planète et peuvent être appelés en renfort.

Outre la grande base mythique, le Général Ryan a fait construire au fil du temps d’autres petites structures dispersées un peu partout en guise de station de ravitaillement pour les longues expéditions.

(ArtStation.com - halo 5 - Underwater station - MP Concept Microsoft)

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>> Damoclès

Damoclès est un soutien redoutable aux troupes au sol. Pilotée depuis un bâtiment sous-marin situé n’importe où sur l’hémisphère, l’attaque vient du ciel et ne manque jamais sa cible.

Une ogive est envoyée en orbite stationnaire au dessus d’un affrontement et en plus d’offrir un point de vue imprenable sur l’ennemi, la capsule libère des projectiles autoguidés d’une précision exceptionnelle.

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Le plan initial

Le plan initial

 

Depuis trente ans, grâce à l’usage exclusif de la fusion nucléaire et des centrales solaires ou hyperoliennes, le climat commence enfin à s’équilibrer. Mais il reste encore au moins soixante ans, selon les experts, pour espérer se promener au soleil sans protection.

 

Lors de ses voyages dans les divisions résistantes pour l’installation de Wizard, Yolandi rencontra l’amiral Ryan et visita Atlantis. Ce dernier fut intrigué par le projet Orbiter que Yolandi avait abandonnée faute de pouvoir produire une énergie continue suffisante pour son fonctionnement. Il lui montra comment était alimentée la base abyssale et ce fut la révélation. En effet le plancher océanique est en contact direct avec le manteau terrestre et la température y est extrêmement élevée, il suffit de gratter un petit peu pour voir apparaître le magma brûlant. Voilà la source d’énergie impérissable dont Orbiter avait besoin. Durant quatre ans les équipes du Teikō s’emploieront à construire une centrale d’extraction thermique dans les profondeurs et Yolandi à tenter de finaliser son œuvre. Mais sa disparition lors de la mission à Paris sera un frein aux espoirs de la résistance. En effet toutes les données et l’activation des processus d’Orbiter sont protégées par un code ADN, celui de Yolandi qui a disparu avec elle. De plus la dernière mission de la scientifique qui consistait à rendre possible la fusion de Wizard et Grammy fut un échec et personne ne connaît l’existence du programme de liaison couplé à l’esprit d’Okiku.

En étudiant les données de Yolandi, le Teikō pense qu’il serait possible de forcer la connexion des deux CAA en passant simultanément par un accès depuis la sphère, et par le port source de la bibliothèque de la LEK. De plus la liaison des deux entités artificielles pourrait être la solution à l’activation d’Orbiter.

Le plan du Teikō est simple et en trois étapes.

- Connecter Wizard et Grammy.

- Préparer les armées pour un assaut simultané.

- Activer Orbiter.

 

Lancer sur les six sphères une attaque simultanée depuis le ciel grâce aux supercellules armées du capitaine Fujin soutenues par Damoclès de l’Amiral Ryan. Parallèlement les troupes d’infanterie et les soldats de l’air, prendront d’assaut les cités.

 

Depuis la disparition de Yolandi, Izan a toujours gardé un œil sur le réseau citoyen. Il veut profiter du jeu événement Music War et décide d’envoyer son fils de vingt deux ans en qui il fonde tous ses espoirs, remporter la récompense afin de connecter Wizard au réseau directement depuis Europa. Le Teikō, avec l’aide de Medeïs, est parvenu à pirater les données d’un Biotransfer pour Tsuki qui participera au Show sous le pseudonyme de Kévi Madison.

 

Pour mener les attaques au sol, la résistance doit se procurer plus de mercure pour les exos et les véhicules. La deuxième mission des Tigres du Septentrion est confiée à Amatera et son bataillon. Elle consiste à rejoindre le tombeau du 1er Empereur de Chine, Qin Shi Huang, à proximité de la ville de Xi'an en Chine. Une vieille légende raconte que des rivières de mercure coulent tout autour du tombeau le plus immense de l’histoire (une superficie de cinquante quatre kilomètres carrés > environ la ville de Lyon). L’empereur croyait qu’en ingérer le rendrait immortel, et il en est mort. Les drones d’Erlick Tengri dans la division du Nordet, ont repérés de fortes émanations, et après vérification, il y a bien de grandes quantités de mercure sous la terre. Une ressource rare qui augmenterait incontestablement les chances de la résistance. Mais comme de nombreux sites souterrains, les shamans ne sont pas loin et les Ours d’Erlick auront besoin de renfort.

 

Il faudra aussi parvenir à pénétrer la LEK. La troisième mission est confiée à Sosano et ses soldats. Elle les emmènera au Botswana pour rencontrer la Générale du Midi, Heina Takeko, qui les aidera à pénétrer la Cité du Cap et sa bibliothèque pour aussi y connecter Wizard. Grace au double forçage dans le programme de Grammy, les verrous de ses processus de sécurité cèderont.

 

Mais avant leur départ, Sosano et Tsuki échangent leur place. Tsuki qui a encore du mal à supporter la haine de son père envers le clone qu’il a toujours considéré comme son frère, sait que Sosano peut largement mener la mission à sa place et il souhaite lui permettre de vivre les expériences inoubliables qu’il mérite. Pour montrer sa gratitude, sans dire un mot, Sosano sort un couteau et s’entaille la pommette, reproduisant la cicatrice d’Amatera, seul détail qui pourrait les confondre. C’est en secret de tous, même de leur sœur, que Tsuki partira pour le sud de l’Afrique et Sosano pour briller sous les projecteurs de Paris.

DÈS LE DÉBUT

ÉPISODES 1 & 2

 

Dès le début rien ne se passera comme prévu. Avant tout le Teikō n’a pas connaissance de l’existence du clone de Yolandi, ni même d’SOF-01 et du programme latent TRINITY.

 

Amatera est arrêtée par les Deoïds sphériens sur le site de Xi’an en Chine alors qu’elle découvrait les rivière de mercure légendaires. Elle est transférée dans une cellule de Pékin.

 

Nous apprendrons bien plus tard qu’à son arrivée au Botswana, Tsuki fut accusée à tort de trahison par Inari (depuis le Japon) et se retrouva forcé de fuir les soldats de la Générale Takeko qui aura toujours ordre de le livrer dans notre temporalité.

 

Pour Sosano qui participe à Music War, la concurrence est rude et le chemin vers la Sphère ne sera pas facilité par la présence de ce mystérieux concurrent doté d’un coefficient de Flow impressionnant.

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Détails :

Composition Globale :

 

NICOLAS BENIER


Paroles :

 

NICOLAS BENIER + Interprètes


Réalisation :

 

ANTHONY VAGLICA


Arrangements :

 

NICOLAS BENIER / ANTHONY VAGLICA

Mixage :

ARNAUD VASSE

Interprètes :

01 : Music War : NICOLAS BENIER

 

02 : Banksy - Colors : RAPHAËLLE ARNAUD

 

03 : Kevi - Fallen : JÉRÔME LIFSZYC


04 : Myel - My Friend : JULIE HERBILLON

05 : Vaklaw - Strenght : ALI AYOUBA


06 : Ezra - BasketBall Hangover : MALYKA JOHANY

07 : Daze - Alone : THOMAS RONZEAU

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