
LE FLOW
“ Vous êtes dans un état d'extase à tel point que vous vous sentez presque inexistant. J'ai vécu cette expérience encore et encore. Ma main semble détachée de moi-même et je n'ai rien à voir avec ce qui se passe. Je reste assis à la regarder dans un état de crainte et d'émerveillement. Et [la musique] s'écoule d'elle-même. ”
Compositeur anonyme
Présenté en 1990 par le professeur de psychologie hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, dans son bestseller, le « Flow » représente un état, un moment d’existence, une « expérience optimale » où l’individu se voit investi de motivation et d’énergie illimitées, focalisant toute son attention sur l’accomplissement d’une tache précise.
Courte Biographie : Mihaly Csikszentmihalyi est un psychologue hongrois, tenant d'une conception humaniste de la créativité et de la définition de la créativité correspondante.
Il a émigré aux États-Unis à l'âge de 22 ans. Il est actuellement professeur à l'Université de Claremont en Californie, et il a été directeur du département de psychologie de l'Université de Chicago et du département de sociologie et d'anthropologie du Lake Forrest College.
Il a travaillé sur le bonheur, la créativité et le bien-être subjectif, mais il est surtout connu comme l'architecte de la notion de flow (l'état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement immergée dans ce qu'elle fait, dans un état maximal de concentration – l’expérience optimale) et pour ses années de recherche sur ce sujet.
Il est l'auteur de nombreux livres et de plus de 120 articles ou chapitres de livres.

Les extraits suivants sont tirés de la traduction française du bestseller « Flow – The psychology of optimal experience », intitulé : Vivre – La psychologie du bonheur, aux éditions Robert Laffont chez Pocket). Y seront joints d’autres extraits d’un second ouvrage du même auteur « Creativity » (Créativité - aux éditions Robert Laffont chez Pocket) plus complet et détaillé sur la notion du processus créatif.
Le Flow (expérience optimale) qu’est-ce ? :
Pour son étude, les profils très variés que le psychologue a confronté à son observation décrivent tous cet état dans lequel l’activité qu’ils accomplissaient leur faisait oublier tout le reste autour, perdre la notion du temps, ne plus sentir ni la faim ni la fatigue.
[Vivre – p. 25] « (…) Nous avons interrogé des centaines d’"experts" - artistes, athlètes, musiciens, joueurs d’échec et chirurgiens – qui consacraient la majeur partie de leur temps à leurs activités de prédilection. Dans le but de rendre compte de leur expérience intime, j’ai développé la théorie de l’expérience optimale, qui correspond à l’état dans lequel se trouvent ceux qui sont fortement engagés dans une activité pour elle-même ; ce qu’ils éprouvent alors est si agréable et si intense qu’ils veulent la revivre à tout prix et pour le simple plaisir que produit l’activité elle-même et rien d’autre. »
Le plaisir de créer, le plaisir de se sentir utile, de comprendre que ses actes ont un potentiel qui nous dépasse et de continuer, subir ce flot de sensation qui nous envahit et nous emporte. S’arrêter serait gâcher cet élan, comme si l’on freinait quelque chose déjà bien élancé, déjà chargé d’énergie.
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[Vivre – p. 24] « Voilà ce que nous entendons par expérience optimale : c’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines ; c’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent sur le canevas et qu’une nouvelle œuvre (une création) prend forme sous la main de son créateur ébahi ; c’est le sentiment d’un père (ou d’une mère) face au premier sourire de son enfant. Pareilles expériences intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables. Des survivants des camps de concentrations qui ont connu des conditions terribles et frôlé la mort se rappellent souvent qu’au milieu de leur épreuves ils ont vécu de riches et intenses expériences intérieures en réaction à des évènements aussi simples que le chant d’un oiseau, la réussite d’une tâche difficile, la création d’une poésie ou le partage d’un crouton de pain. »
Une représentation poétique et pétrifiante de vérité qui prend en compte un éventail complet de contextes des plus attrayants au plus terrifiants. Mais l’on peut déjà noter la présence systématique d’une action, d’un fait ou d’un accomplissement pour chacun de ces exemples. L’individu qui vit l’expérience optimale persiste au sein d’une tâche qui l’occupe, le fascine voir l’obsède. Le psychologue organise son travail en ce qu’il classifie les processus propres à tout son panel d’étude, pour atteindre cet état de Flow, à savoir de la difficulté, des règles et des récompenses. Mais si ces conditions inhérentes à l’expérience optimales sont réunies c’est que l’individu a su préalablement créer, volontairement ou non, un contexte propice à l’expression de son talent ou de son travail.
Le FLOW dans la série :
Dans notre histoire, le Flow est surveillé et quantifié en coefficient. Cette société fragile en reconstruction dépend des esprits de demain et de l’implication des citoyens à accomplir leurs tâches. Surveiller le potentiel dès l’enfance grâce au Biotransfer, vise à orienter au plus tôt les individus vers des préoccupations adéquates à leurs désirs, passions et prédispositions en vue d’améliorer la propension à l’innovation et à la découvertes.
[Créativité – p. 64] « Il arrive que des milieux dénués de compétences dans un domaine en prennent néanmoins le contrôle. L’Église s‘est mêlée des découvertes astronomiques de Galilée ; le parti communiste soviétique n’a pas seulement dirigé la recherche en génétique mais aussi les arts plastiques et la musique ; et le mouvement fondamentaliste américain tente d’influencer l’enseignement de l’évolution. De façon plus subtile, les forces politiques et économiques influent toujours, délibérément ou non, sur le développement des domaines culturels. L’Opéra et le ballet disparaîtraient s’ils ne recevaient plus d’aides extérieures. Le gouvernement japonais fait de gros efforts pour stimuler l’innovation et ses applications dans le domaine des microcircuits, tandis que le gouvernement hollandais soutient, et on le comprend, toute invention nouvelle concernant la construction de barrages et de matériel hydraulique. Le gouvernement roumain s’est activement employé à détruire les formes d’art des minorités ethniques pour maintenir la pureté de la culture dace ; et les nazis ont tout fait pour éliminer l’art "dégénéré" des juifs. »
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C’est aussi tout naturellement que les candidats à "Music War" sont sélectionnés en fonction de cette valeur. On ne peut accéder aux sphères si l’on n’est pas créatif, ingénieux et intelligent.
[Créativité – p. 167] « (…) La vie des créateurs peut être qualifiée de remarquable. Leur exemple démontre ce qu’une activité symbolique complexe recèle de joies et de satisfactions. Ils ont triomphé de l’ignorance ambiante, de l’indifférence et (…) ils se sont aventurés dans l’inconnu. Ils sont devenus les pionniers de la culture, des modèles de ce que peuvent devenir les hommes et les femmes à l’avenir – si tant est que cet avenir existe. »
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Les cités sont gouvernées par les sphères et demeurent intérieurement sous l’égide des Entertainers. Le Trident trouvent en ces exhibitionnistes idéalisés et plein de ressources, l’ingrédient indispensable au maintien psychologique d’une population qui pourrait devenir folle si elle réalisait pleinement la situation du huit-clos dont elle est victime.
[Vivre – p. 182] « En réalité il n’est pas facile de faire régner l’ordre dans la conscience parce que son état normal est le chaos. Sans entraînement ou sans objet externe qui soutienne l’attention, nous sommes incapables de nous concentrer sur une pensée plus de quelques minutes. Il est facile de le faire en présence de stimuli externes : regarder un film, conduire un véhicule (…) etc. »
Le divertissement, l’évasion virtuelle et le confort immédiat occupent les temps libres des citoyens. Le danger surviendrait en cas de rupture de medias et de voyages numériques, là l’individu se retrouverait face à sa réalité diminuée, les remparts deviendraient à leur tour bien plus petits et de nouveaux l’esprit, enfin libre de vagabonder, recommencerait à penser sa condition.
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Au cours de son étude Mihaly Csikszentmihalyi nous explique en quoi le caractère indépendant de la démarche du créateur est indispensable à son épanouissement alors que paradoxalement il ne sera pertinent et son œuvre reconnue que s’il répond aux besoins ou demandes de la société et donc s’il s’est soumis aux règles. Les stimuli proviennent de promesses que seules les créations efficaces et utiles pourrons satisfaire. La dualité de celui qui innove, en avance sur son temps, réside en ce qu’il doit parfaitement assimiler toute les règles puis s’en détourner, sans quoi il ne ferait que reproduire des schémas créatifs communs. S’il est trop détaché, le travail risque de ne susciter aucune affinité avec son audience, trop dramatique et cela pourra sonner faux ou trop particulier. Le créateur est celui qui avance en acceptant son environnement avant de le réfléchir.
[Créativité – p. 52] « Arnold Hauser :"En ce qui concerne l’art de la renaissance […] le point de départ de la production artistique ne se trouve pas dans un besoin de créer, l’expression subjective et l’inspiration spontanée de l’artiste, mais dans la tâche assignée par le client. »
[Créativité – p. 50] « Ce qu’il faut retenir c’est qu’après avoir décidé d’embellir Florence les banquiers, hommes d’Église et chefs de grandes guildes ne se contentèrent pas de distribuer leur argent aux artistes et d’attendre. Ils s’investirent énormément dans l’entreprise en commandant, évaluant et sélectionnant les travaux qu’ils voulaient voir réaliser. Et c’est l’intérêt porté à leur travail par les notables et les gens du peuple qui poussa les artistes à se surpasser. Sans les encouragements et l’attention constante des membres de l’Opéra, le dôme de la cathédrale aurait sans doute été moins beau.
La réalisation des portes du baptistère (par L Ghiberti), celle de l’Est notamment, que Michel Ange trouva digne d’être appelée "Porte du Paradis" – offre un autre exemple de la façon dont procédait le milieu de l’art florentin à l’époque. Là encore une commission avait été nommée pour en superviser la construction.»
[Créativité – p. 50] « Lorenzo Ghiberti avait vingt et un ans à l’époque (…) il doit sa réputation à la "Porte du Paradis" qui a transformé la conception occidentale de l’art décoratif. »
…Rien que ça.
Même si le récit se déroule dans un contexte presque apocalyptique pour mettre en valeur le besoin crucial de changer nos comportements face à l’environnement, la série se veut porteuse d’un message d’espoir et de confiance en l’humanité.
[Créativité – p. 30] « (…) je partage le sentiment du romancier canadien Robertson Davies : "(…) Je m’amuse beaucoup à entendre certains de mes collègues, à commencer par des spécialistes de la littérature, dire que la vision pessimiste, tragique, de la vie est la seule façon d’envisager l’existence. À mon avis, c’est une absurdité. Le tragique est bien plus facile que le comique. J’ai vu des gens adopter une vision tragique de l’existence et c’est une façon de se défiler. Ils se plaignent de tout, et ça les arrange bien. Quand on essaie de voir les choses un peu plus équitablement, on est surpris par la complexité des situations comiques, ambigües et ironiques que l’on découvre et qui sont vitales pour un romancier. »
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Le héros, Dony Daëmon, représente Dionysos. Ce demi-dieu, mort puis né à nouveau, immédiatement accepté sur l’Olympe, aussi surnommé le premier fils est peut être la figure la plus ambiguë du panthéon grec. Mais ce personnage de sang humain qui devient divin après avoir côtoyé l’au delà est propre à de nombreuses autres théogonies. Ainsi le vulgaire dieu du vin est en réalité bien plus. Il est comparé à Horus en Égypte, Enki en Mésopotamie, Jésus Christ dans le Second Testament et Siddhârta Gautama Bouddha dans toute l’Asie.
Dony est sourd, enfin c’est surtout son appareil qui le rend sourd avant de laisser passer le son correctement. Quand son dispositif est inactif, le garçon entend un bruit blanc intense, douloureux, parfois insupportable. Au cours de son initiation il devra faire le vide dans son esprit, méditer, pour isoler et détailler le chaos qu’il perçoit et quand enfin il parviendra à le maîtriser, il s’éveillera à de nouvelles capacités et une nouvelle perception de l’existence.
[Vivre – p. 12 - Préface de David Servan-Schreiber] « Après vingt ans de recherches, Mihaly est parvenu à la même grande conclusion que les traditions orientales du bouddhisme et du taoïsme : le bonheur vient de la poursuite du chemin en soi, pas de la destination. »
La créativité, un superpouvoir
Les personnes autotéliques et leurs intentions
Définition : L'autotélisme, mot composé de deux racines grecques αὐτός / autós « soi-même » et τέλος / télos « but » et signifiant « qui s'accomplit par lui-même »
[Vivre – p. 138] « (…) La personne autotélique est celle qui a des prédispositions et a appris à trouver l’expérience optimale là ou d’autres s’ennuient. Il peut être fort stimulant de prendre connaissance d’un certain nombre de personnes qui connaissent une expérience intense dans diverses situations ; on pourrait même dire que leur vie est une expérience optimale prolongée. »
Comme dans de nombreux récits la volonté est, au delà de toute prédisposition, la dernière caractéristique qui différencie le héros des protagonistes dits « normaux ». Ici Les personnages clés de ce futur ; notre héros, Soosan, Ariane, Kilo, Amatera, Vaklaw ou Heduana, possèdent une volonté de fer et mènent leurs actions jusqu’au bout, trouvant chaque fois l’issue ou la solution la plus imprévisible pour se sortir des ennuis. Ils seront les architectes de leur propre avenir et n’auront d’autre choix que de relever tous les défis pour la sauvegarde de l’humanité.
[Vivre – p. 42] « Les intentions surgissent dans la conscience quand l’individu devient conscient qu’il désire quelque chose ou qu’il veut accomplir quelque chose. Les intentions sont elles-mêmes des informations élaborées à partir des besoins biologiques ou des buts sociaux intériorisés. Elles agissent à la manière de champs magnétiques en attirant l’attention sur certains objets plutôt que sur certains autres, en orientant l’esprit vers certains stimuli plutôt que vers certains autres. La manifestation de cette intentionnalité prend plusieurs noms : instinct, besoin, pulsion ou désir ; ces termes se veulent explicatifs en ce qu’ils disent pourquoi les gens se comportent d’une certaine façon. L’intention, elle, est un terme neutre et descriptif ; elle ne dit pas pourquoi une personne veut faire quelque chose, mais indique seulement ce qu’elle veut faire. »
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Dony, cet enfant très particulier avec de mystérieuses facilités pour la création, atteint l’état d’expérience optimal plus aisément que les autres notamment car il sait se focaliser, se calmer, méditer. Dans cet état d’esprit, il est toujours curieux de tout, les yeux grand ouvert, de sorte qu’il est impossible de savoir réellement s’il fait quelque chose par désir par besoin ou par pulsion. Quand il travaille à ses œuvres, ses constructions et ses gadgets, il semble investi par une force qu’il décrit lui même comme émanant d’un puits sans fond.
[Vivre – p. 134] « Si des personnes naissent avec une meilleure coordination musculaire, il est possible que certains connaissent un avantage génétique pour ce qui a trait au contrôle de la conscience. Ils pourraient être moins susceptibles de souffrir de trouble de l’attention et plus aptes à connaître l’expérience optimale. »
[Vivre – p. 60] « Chaque individu dispose d’une attention limitée qu’il peut orienter intentionnellement comme un rayon d’énergie, ou qu’il peut disperser dans des activités décousues et aléatoires. En fait, la vie d’un individu ressemble à la façon dont il utilise sont attention (…) Puisque l’attention détermine ce qui apparaît ou non dans la conscience et parce qu’elle est requise pour effectuer les autres activités mentales (penser se souvenir, prendre une décision ou éprouver une émotion), il est convenu de la considérer comme une énergie psychique. »
L’éventail des capacités
Dans notre récit, les personnages se démarqueront donc par leur créativité et leur ingéniosité pour résoudre leurs problèmes et ne jamais cesser d’avancer. Les personnalités de nos héros ne manqueront pas de respecter les stéréotypes fréquents qu’on accorde aux artistes ou aux génies créatifs : excentrique et timide, egocentrique et généreux ou simplement bipolaire.
Ces comportements, dans les bons contextes, induiront des réactions inattendues, des solutions insoupçonnées et du comique dans le tragique.
[Créativité – p. 80] « Nous cultivons par exemple le côté agressif, compétitif de notre nature en dédaignant ou en refoulant notre esprit altruiste et coopératif. Les individus créatifs, eux, combinent plus facilement agressivité et coopération, soit ensemble, soit alternativement, selon la situation. Avoir une personnalité complexe, cela veut dire être capable d’exprimer tout l’éventail des capacités présentes dans le répertoire humain, mais souvent atrophiées parce que l’un des pôles est considéré comme "positif" et l’autre "négatif". (…)
Le Flow pour sortir du Chaos
Le « bruit blanc » que Dony entend sans cesse, représente le chaos dans son esprit et pour le surmonter, notre héros – dont la référence Dionysos, est la personnification du chaos introduite volontairement et protégée par Zeus, fondateur et Roi de cet ordre cosmologique harmonieux – aura besoin de guides tout au long du chemin qui sera le sien. Il les trouvera en Teïsha sa mère adoptive, Janus son protecteur mystérieux, sa mentore aveugle Cybele, Grammy avec qui il partage un secret que lui même ignore que tous deux ignorent. (Cf. Personnages, page ___)
Le jeune prodige parviendra après son initiation à dompter le chaos et canaliser les sons qu’il perçoit au point d’en déceler les plus infimes variations et découvrir de nouvelles facultés sensorielles, se rapprochant d’un sonar organique. Sa vision s’en trouvera améliorée, il percevra, par exemple, les objets grâce à leurs vibrations même à travers les murs. Pour cela il devra sans cesse rester concentré et dans ses méditations se mêlent alternativement une mélodie, toujours la même, ou une voix, toujours la même...
[Vivre – p. 183] « Pour éviter et prévenir le chaos, l’individu doit acquérir des habitudes lui permettant de reprendre ou de garder le contrôle des processus mentaux au lieu de les laisser gouvernés par des stimulations externes (comme la télé). L’acquisition de telles habitudes requiert de l’exercice, un but et des règles (conditions inhérentes à l’expérience optimale). »
[Créativité – p. 152] « Pour les artistes, l’objectif de la créativité n’est pas toujours très évident. En réalité, plus le problème est créatif, moins sa solution apparaît clairement. Les problèmes découverts, ceux qui provoquent les plus grandes transformations d’un domaine, sont aussi les moins plaisants à traiter en raison de leur nature évasive. La personne créative doit donc, d’une certaine façon, élaborer un mécanisme inconscient qui la guide. Le poète György Faludy ne commence à écrire qu’en entendant une "voix" lui dire, bien souvent au beau milieu de la nuit : " György, c’est le moment de t’y mettre." Et il ajoute avec regret : "Cette voix sait toujours où me joindre, mais moi j’ignore comment la contacter." Dans l’antiquité on appelait cette voix la Muse. »

